02.03.2018
Le nettoyage des plages intensifie la lutte contre la croissance de la montagne de déchets plastiques

L’Eneco Clean Beach Cup décerne 25 000 € pour des solutions

Nous pensons que nous trions et recyclons beaucoup, mais les trois quarts de tout le plastique déjà utilisé existe encore, dans une décharge ou dans la nature. Chaque minute, l’équivalent d’un camion plein de plastique se retrouve dans la mer, s'envole dans les airs, dérive dans les mers les plus profondes et s’échoue sur les plages les plus désertes. Il s'effrite, empoisonne l'eau et l'air, et reste là pour toujours. Via le sel de mer, les crevettes ou les moules, des microparticules se retrouvent dans notre assiette. Elles pénètrent même dans notre sang... Il est grand temps de faire marche arrière, estiment les clubs de surf de la côte belge, qui invitent chacun au neuvième nettoyage de plage Eneco Clean Beach Cup, le premier dimanche du printemps. Le 25 mars, Studio Brussel diffusera en direct à Blankenberge, où 25 000 euros seront remis aux trois communes côtières qui trouveront les meilleures solutions pour réduire leur production de déchets.

Depuis l'existence du plastique, nous avons laissé sa montagne de déchets atteindre 6 milliards de tonnes, un chiffre qui devrait encore doubler d'ici 2050. Chaque année, jusqu'à 12 millions de tonnes de plastique se retrouvent dans la mer. « Des chiffres croissants, gigantesques et incompréhensibles », explique l'organisateur Sven Fransen, « mais en combinant une promenade sur la plage avec un nettoyage printanier, nous pouvons attirer l'attention d’une manière agréable sur le problème grandissant des déchets qui s’échouent sur la plage, principalement rejetés par la mer. » Avec la neuvième Eneco Clean Beach Cup, 16 clubs de surf belges participent à la 24ème action mondiale de nettoyage des plages organisée par la Surfrider Foundation Europe. Les surfeurs belges ont mobilisé l'an dernier 2 500 bénévoles qui ont débarrassé la plage de plus de cinq tonnes de déchets.

L'action de nettoyage est fatiguée de nettoyer et lance un défi aux communes côtières

« Sur dix déchets qui se retrouvent dans la mer, un a été déversé directement dans la mer, un vient de la plage et pas moins de huit arrivent de l’arrière-pays via les rivières », explique Sven. « Nous nettoierons aussi longtemps que c'est nécessaire, mais nous sommes fatigués et voulons aller à la source afin de l’assécher. C'est pourquoi nous nous concentrons cette année sur des solutions concrètes, grandes ou petites, par essais et erreurs, à la manière d'un laboratoire. Chacun peut prendre ses responsabilités partout, mais nous voulons que les communes côtières donnent l'exemple et encouragent à agir. L'Eneco Clean Beach Cup se joint au grand nettoyage printanier de Mooimakers.be. Ce partenariat public-privé contre les déchets nous permet de décerner 25 000 € afin de soutenir les meilleures propositions. »

Le temps de la transition plastique est venu : de l'usage unique à la réutilisation

Colin Janssen, professeur de toxicologie environnementale à Gand, a découvert les premières particules de plastique dans des moules dès 2012 et plaide ardemment pour le changement. Il contribuera à déterminer quel projet recevra un soutien financier. « Comme le plastique continue à exister extrêmement longtemps, nous devons à nos enfants et petits-enfants une transition plastique, à savoir passer de l'usage unique à la réutilisation. Nous devons également oser remplacer le plastique lorsque c’est possible. N'est-il pas étrange que 15 pays africains interdisent les sacs en plastique alors que nous ne le faisons pas ? », fait remarquer le professeur. L’estomac de presque tous les oiseaux de mer sont remplis de plastique - soit, converti à l’échelle humaine, l’équivalent d’une huche à pain. Nous parvenons encore à éviter les gros morceaux, mais les microparticules se retrouvent dans les vaisseaux sanguins via les moules, les huîtres, les crevettes, le sel de mer, etc. En 2100, nous devrions ingérer 2 000 particules de plastique chaque jour, et jusqu'à 4 000 de ces particules pourraient se retrouver dans notre sang chaque année. Nous ne savons pas encore ce que cela signifie pour notre santé, mais des tests sur les animaux montrent déjà des inflammations chroniques, qui génèrent souvent des maladies comme le cancer, ainsi qu’un impact négatif sur la fertilité et la longévité…

Les communes côtières proposent leurs propres solutions

Sven Fransen, l’organisateur de l'Eneco Clean Beach Cup, a sonné l'alarme auprès de toutes les communes côtières. Ces projets sont déjà sur les tablettes. Le 25 mars, les meilleures des dix propositions bénéficieront d'un soutien financier qui les aidera à atteindre leur résultat. En plus du prix en argent, il y a aussi l’Eneco #NXTGEN award. Dans le cadre de l’action de nettoyage, neuf jeunes ambassadeurs Eneco (de 9 à 12 ans) décernent un prix d'une valeur de 5 000 € à l'initiative offrant les meilleures garanties pour l'avenir des jeunes générations.

Le secrétaire d'État participe au nettoyage et à la lutte contre les microplastiques

L'Eneco Clean Beach Cup annuelle est un rendez-vous fixe pour Philippe De Backer, Secrétaire d'État à la Mer du Nord. « Chacun doit agir en faveur de moins de plastique, et les actions de nettoyage y contribuent », déclare-t-il. De Backer est lui-même aux commandes et a présenté à la fin de l’année dernière le plan d'action Marien Zwerfvuilt. Le 25 mars, il annoncera également l'année de la mer du Nord. « En 2018, une attention particulière sera accordée aux points positifs comme aux problèmes, et chacun sera invité à apporter une contribution concrète à des solutions. » Le plan d'action a été directement couronné de succès. La Belgique a été le premier pays européen à conclure un accord avec le secteur des cosmétiques afin de remplacer les petites billes de plastique assurant un effet de gommage par des alternatives biodégradables, comme les granules de coco. Notre pays veut également travailler à l'échelle internationale à l’élimination de ces nombreux microplastiques qui se retrouvent dans la mer. Le professeur Colin Janssen a été un des scientifiques à avoir participé à l’élaboration du plan d'action. « Pour la première fois, il y a un plan fédéral, ce qui est une très bonne chose, avec un certain nombre de points positifs à la clé », explique-t-il, « mais nous devons avoir le courage d'aller plus loin, ce qui, nous l'espérons, sera possible dans une deuxième version. » Par exemple, la France interdit tous les microplastiques dans les cosmétiques lavables depuis le 1er janvier.

Des marins olympiques, un chef étoilé et une artiste appellent à l'action

Le duo nautique olympique formé par Tom Pelsmaekers et Yannick Lefebvre voit son terrain de jeu se transformer en décharge et plaide pour des mesures radicales. Le chef doublement étoilé Filip Claeys, du restaurant De Jonkman à Bruges, intervient lui aussi. Il est le fondateur de NorthSeaChefs, un collectif de chefs qui fait la promotion des espèces de poissons méconnues et des prises accessoires, pêchées avec respect par les pêcheurs belges. « Je pense qu'il est très important de traiter la nature sciemment et avec respect. En tant que chef, j’assure une fonction d'exemple : je veux savoir comment les poissons que je sers sont pêchés, et les préparer de la meilleure façon possible. Nos pêcheurs belges ramassent déjà tout le plastique qu'ils attrapent et le ramènent à terre. C’est déjà beaucoup, mais c’est comme éponger avec le robinet ouvert. » 

L'artiste anversoise Inge Cornil parcourt le monde à la recherche de ‘dirty little secrets’. « Je suis tombée sous le charme du pouvoir de la nature. Sa capacité à absorber notre domination et notre empreinte humaines me fascine. Je me rends souvent dans des endroits où d'autres ne veulent pas venir, des endroits où on pratique la décharge illégale à grande échelle et qui deviennent d’immenses montagnes de déchets fusionnant avec la terre et la mer. »

Ecover opte pour du plastique 100 % recyclable

Chaque minute, un million de bouteilles en plastique sont achetées dans le monde, et ce chiffre augmentera de pas moins de 20% d’ici 2021. Ecover opte d'ores et déjà pour le passage indispensable à une bouteille entièrement fabriquée à partir de plastique recyclé et pouvant également être recyclée à 100 %. Cette bouteille est une première étape de la mission d'Ecover, qui consiste à fabriquer tous ses emballages à partir de plastique totalement réutilisable d'ici 2020. Ecover appelle à une Clean World Revolution, avec laquelle nous réduisons tous notre empreinte plastique. Cette révolution sera renforcée le 25 mars 2018 : vous pourrez alors échanger des bouteilles en plastique contre un tour gratuit à bord du tram du littoral à Blankenberge. Ainsi, les déchets plastiques reçoivent de multiples vies, ce qui est l'avenir.

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